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Pétition Tu es le gardien de ton frère !

Pour:Témoignage chrétien

Le monde se transforme et nous aussi, qui devons comprendre ce qu’il convient de changer au plus profond de nous-mêmes. Une spiritualité chrétienne engagée à l’échelle de la planète exige de faire rimer mondialisation et humanité.

Témoignage chrétien est un journal engagé, ce qui n’est pas synonyme d’activiste. C’est sa vocation. Le nom lui-même scelle notre pacte de fondation conçu il y a longtemps de cela, en 1941, au scolasticat de Fourvière alors qu’une poignée de jésuites et de laïcs, de catholiques et de protestants décida de relever le défi lancé à l’humanité par le totalitarisme nazi. Parmi eux Pierre Chaillet, juste entre les Nations, le futur cardinal Henri de Lubac, Gaston Fessard, Yves Moreau de Montcheuil, aumônier du Vercors, fusillé, Roland de Pury, pasteur protestant.

L’engagement pour les peuples colonisés d’Indochine, du Maghreb relève de cette même conviction que chaque homme était à l’image de Dieu, qu’il n’existait pas d’hommes inférieurs. Cette leçon nous a été apprise par Vitoria et Las Casas.

Notre impératif spirituel: l’égale dignité de tous les humains

L’unité humaine est plus que jamais au coeur de notre projet dans une société planétaire en totale mutation, aux défis des - quels ni une résistance défensive ou nostalgique ni la radicalisation et ses surenchères ne sont aptes à fournir de réponse.

TC n’est pas un magazine politique qui se rajoute aux autres. Il ne prétend pas fournir un alibi spirituel à l’action politique. Non, il prend le risque de partir de l’impératif spirituel pour interroger la politique, il la met en relation avec l’existence d’une égale dignité de tous êtres humains affirmée dans le premier comme dans le second Testament, pour influer sur son cours, la subvertir dans les limites du concevable et du possible.

Cessons de battre notre coulpe sur la poitrine des autres. L’arrogance du commentaire n’est pas acceptable quand le péril monte. Engagés nous sommes et donc comme tels nous serons tenus responsables de nos lâchetés, de nos facilités, de nos paresses.

La disparition du mythe douloureux de la société parfaite et de son impasse avec l’effondrement du socialisme réel n’a toujours pas fait perdre de son actualité au réquisitoire de Frédéric Ozanam devant la violence de la société industrielle du XIXe siècle, « La question qui agite aujourd’hui le monde autour de nous n’est ni une question de personnes, ni une question de formes politiques, c’est une question sociale. […] Il y a beaucoup d’hommes qui ont trop et qui veulent avoir encore; il y en a beaucoup plus d’autres qui n’ont rien et qui veulent prendre si on ne leur donne rien. Entre ces deux classes d’hommes, une lutte se prépare et elle menace d’être terrible: d’un côté la puissance de l’or, de l’autre la puissance du désespoir ». Marx évoquait les eaux glacées du calcul égoïste.

Notre avenir commun se construira avec les mis à l’écart comme partenaires

L’option des pauvres est le chemin qui nous met à l’abri du renoncement, ou pire de la renégation. Il n’y a pas d’engagement spécifiquement chrétien sans cette disponibilité aux pauvres, c’est-à-dire tout simplement aux personnes démunies, refoulées par les discriminations, tous les mis à l’écart. Il faut en faire nos amis, être d’inlassables objecteurs de confort.

Les pauvres ne sont pas les objets de notre sollicitude. Au lieu d’être réduits à la condition qu’ils subissent, ils peuvent devenir les partenaires de la construction d’un présent et d’un avenir commun qui éradique la misère. Oui, nous nous devons de rappeler que les pauvres selon le monde sont riches dans la foi et héritiers du Royaume.

Le XXIe siècle nous a légué aussi son flot d’exigence. La plus importante est la reconnaissance de l’individu, son autonomie, ou sa désaliénation qui passent par la mise en rapport d’une double revendication d’égalité et de singularité, et nous écrivons ces lignes à l’heure de la loi sur le mariage pour tous.

Le formidable espoir de la science contemporaine réclame une éthique de ses usages face à ses incertitudes prométhéennes. L’absence d’une définition mondiale de l’économie durable pèse d’autant plus lourdement que le réchauffement climatique est dénoncé par le président des États-Unis lui-même comme la première arme de destruction massive.

Que se passera-t-il, lorsque les boat people de la détresse qui périssent chaque semaine en mer se presseront aux portes des sociétés tempérées sous la pression du climat. On tire au canon? Ou alors, dès aujourd’hui, un plan drastique de sauvegarde des peuples d’Afrique, notre continent premier, est adopté et réalisé sans attendre en étroite concertation avec les premiers concernés, les Africains eux-mêmes.

Tous ces sujets sont hautement politiques, mais c’est de l’idée que l’on se fait de l’homme dont viendra la solution. La direction sera spirituelle ou ce sera le chaos. La politique suivra.

Notre responsabilité de chrétien est engagée pour réunir la grande famille humaine

Lutter pour la justice c’est dénoncer les structures d’injustice. Mais tout message qu’il soit de refus ou de projet ne pourra être entendu que si chacun bannit ses postures ou ses tics langagiers, et allie aux diagnostics les plus subtils la force de la vérité intérieure. Nos formes de dénonciation doivent elles aussi être interrogées.

Nous devons apprendre à « lutter avec un coeur réconcilié », et selon la formule incandescente du frère Roger de Taizé, « accomplir plutôt qu’abolir, comprendre plutôt qu’exhorter ». Soyons partout et toujours des chercheurs de réconciliation, par-delà les mondes clos, tenaillés par la peur, soumis à la consommation et à la loi d’airain du rendement boulimique de la finance.

Soyons des messagers de paix. Soyons les témoins que l’amour est un don surgi au creux de nos blessures, de nos nuits, que la foi est un chemin, non un système, une espérance qui ne nie pas l’épreuve mais qui la traverse. Faisons l’expérience de la confiance qui, par l’événement de la mort et de la résurrection du Christ, n’est pas le fruit de notre seule volonté mais celle de l’action de l’Esprit qui nous précède et nous sort des tombeaux de nos enfermements.

Nous chercherons le sens encore caché de cet événement qu’est la mondialisation en scrutant ses deux faces. Sombre, elle abolit les frontières de l’argent, précarise le travail et détruit les anciennes cultures. Lumineuse, elle construit dans le même mouvement une société planétaire, offrant les conditions d’une rencontre entre les humains comme jamais dans l’histoire du monde.

Le processus d’unification en vue de constituer la grande famille humaine n’est rendu possible que par ce bing bang du troisième millénaire. Est-il inéluctable? Rien ne nous garantit que cet accomplissement ne soit pas entravé par les jeux politiques, militaires, les idéologies de masse ou la sujétion économique. De qui dépend qu’une issue heureuse, au-delà des chaos et des confusions, puisse voir le jour?

Nous répondons à cela que les deux milliards de chrétiens ont une responsabilité qui se révèle écrasante pour y parvenir dans et avec nos Églises lorsqu’elles seront enfin libérées du scandale de la division et redevenues ferments d’unité universelle. Nous répèterons sans cesse que ne pas mettre un terme à la séparation des Églises chrétiennes dans le cycle historique tourmenté que nous traversons traduit une grave méconnaissance de nos devoirs, et une faute qui se révélera lourde si le mouvement oecuménique initié par Vatican II n’est pas réinitialisé.

Beaucoup des aspects de la vie en Église en dépendent aussi et d’abord l’ordination des femmes, un diaconat affirmé, le droit au mariage des prêtres, les communautés de fidèles, la fin des discriminations homophobes dans l’Église. L’intercommunion entre les chrétiens des différentes Églises devrait être enfin acceptée, l’unité de la célébration eucharistique étant une direction voulue par le Concile Vatican II se continuera dans l’oecuménisme car c’est là qu’est peu à peu apparue sa dynamique profonde.

Enfin, le dialogue interreligieux avec nos soeurs et frères juifs et musulmans est lui aussi suspendu pour être pleinement productif à l’avancée de l’oecuménisme. L’indispensable convergence avec les spiritualités agnostiques ou athées, situées dans le champ démocratique, en dépend largement aussi.

Le renforcement de nos démocraties fragiles passe par l’engagement de soi

Nos démocraties fragiles ont un besoin urgent d’être confortées. Elles sont bousculées par la crise du marché mondial. Les activités productives, les entreprises sont harassées par la pression financière, corrodées par la corruption et les systèmes mafieux de pans entiers de nos sociétés encouragés par les reculs des puissances publiques. Cela passe par le courage qu’aura chacun de faire face, cette capacité à engager « la part intacte de soi » évoquée par le philosophe Habermas.

Les réponses à ces défis ne pourront plus venir d’injonctions de l’État ni de structures publiques fatiguées mais de la créativité coopérative d’une société en recherche du bien commun. La multiplicité de communautés de base, de groupes paroissiaux, de mouvements, retisse peu à peu le lien d’une nouvelle Église du retour aux sources qui revivifiera les structures ecclésiales existantes.

Les chrétiens pourront alors prendre toute leur part dans cette conversation mondiale. Précisément, que peut bien attendre le monde non chrétien des chrétiens? Être ceux qui, inlassablement, se posent cette question à eux-mêmes et à tous, celle que Dieu pose à Caïn après le meurtre d’Abel : « Qu’as-tu fait de ton frère? – Suis-je le gardien de mon frère? – Tu es le gardien de ton frère. »

Nous ne pouvons répondre à cette question qu’avec toutes les confessions du monothéisme, avec les autres spiritualités agnostiques ou athées, avec les grands courants humanistes, avec tous. Avec chacun. Avec Témoignage chrétien. Ensemble.



Les signataires

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