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Pétition Réforme de la série STI et des lycées technologiques

Pour:le Ministre de l'Education Nationale

Non au démantèlement du parc technologique
Non à la disparition de nos compétences
Non à une réforme dans la précipitation

Les lycées techniques ont formé, en 2010, 32522 bacheliers en Sciences et techniques industrielles (STI) soit 1 bac STI pour 4 Bac Série S et 1 bac STI pour environ 10 Bacs Séries générale et technologique*.

Le bac STI se compose de 12 filières technologiques du Génie industriel : génie mécanique (6 options), génie électronique ; génie électrotechnique ; génie civil ; génie énergétique ; génie des matériaux ; génie optique.

Selon son orientation après la classe de seconde, l’élève est formé (environ 20h par semaine réparties sur les 2 niveaux de 1ère et Terminale) par des professeurs qualifiés, spécialisés et recrutés pour leurs compétences dans cette filière. Le bachelier STI acquiert ainsi une pratique dans une démarche de Projet Technique.

Avec ce bac STI, l’élève poursuit des études supérieures en BTS, IUT, Université ou même, parfois, en école d’ingénieurs. Quand l’élève choisit d’aller en BTS, et en obtient le diplôme, il devient technicien supérieur. Il devient alors un vrai acteur économique pour le tissu industriel français. Le BTS est reconnu par la Nomenclature des niveaux de formation et qui est approuvée par les conventions collectives (depuis 1969).

Les techniciens supérieurs interviennent dans de multiples domaines du quotidien de la population, par exemple : l’automobile, l’électronique domestique, les ascenseurs, le bâtiment, les lunettes, la micro-informatique, l’audio-vidéo, le chauffage-climatisation, Etc.

Or, à la rentrée 2012, il n’y aura plus qu’un seul bac technologique, décliné en 4 spécialités, appelé Sciences et Technologies Industrielles Développement Durable (STI2D) où l’enseignement technologique est articulé comme suit :
- un tronc commun (le même pour les 4 spécialités)
- un enseignement de spécialité : Innovation Technologique et Eco Conception ; Système d’Information et Numérique ; Energies et Développement Durable ; Architecture et Construction.
Avec seulement 14h d’enseignement technologique par semaine en 1ère et en Terminale, c’est une diminution de 30% par rapport aux horaires actuels que cette réforme impose. Le côté professionnel de la formation disparaît quasiment. L’enseignement pratique sur du matériel professionnel est remplacé en grande partie par de la simulation sur ordinateur et des cours magistraux.
Fini "la main à la pâte" qui était pourtant la motivation principale de nos élèves.

Alors que la France a besoin de former des techniciens et des ingénieurs de qualité, combien d’enseignants du technique qui contribuent à cette formation vont se reconvertir pour enseigner d’autres matières ? Quelle sera la formation de nos futurs techniciens et ingénieurs ?

La réforme du lycée, créant la série STI2D, a été rejetée à deux reprises par le CSE (Conseil Supérieur de l’Enseignement) le 10 Avril et le 9 Déc 2010, à cause du manque de moyens, notamment en heures pour le travail des élèves en groupe. De même la DGESCO (Direction Générale de l’Enseignement Scolaire) a reconnu le caractère bouleversant de cette réforme.

Nous professeurs de STI rejetons également cette réforme car :

? elle amène au démantèlement d’un parc technologique des plus performants et au déni de nos compétences techniques et scientifiques puisque notre savoir faire ne sera plus transmis à l’élève et, à terme, la qualification de nos élèves ne sera plus conforme aux exigences des conventions collectives. En conséquence, cela gênera son entrée dans la vie active s’il n’en est pas tout simplement écarté.

? elle ne répond ni aux besoins des élèves, ni aux objectifs affichés. Le 1er but affiché par le ministère est d’amener 60% d’élèves à un niveau Bac + 5. Si, à priori, cette finalité semble ambitieuse, elle ne correspond nullement aux élèves que nous formons en STI. En effet, seulement 5% de nos élèves se dirigent après le bac vers des études longues. Atteindre 60% est donc une illusion, sauf à recruter un autre type d’élèves. Ce qui signifie que la majorité de nos élèves, actuellement dans nos filière, seront exclus de cette formation.
Abandonner une filière qui permettait de remettre le pied à l’étrier de bon nombre d’entre eux est proprement scandaleux.

Les filières technologiques sont les plus représentatives de la diversité socioprofessionnelle (70% des élèves de ces filières sont issus de familles moyennes ou défavorisées)*. Elles restent donc l’un des derniers ascenseurs sociaux, sinon le dernier. Comment peut-on songer à supprimer les STI, 2ème forte composante des filières technologiques après celle des STG (Sciences et techniques de Gestion)* ? Que deviendront les laissés-pour-compte de cette réforme ?

Le 2ème but affiché par cette réforme est de recruter 35% d’élèves en plus. Rappelons que les Régions ont investi des millions d’euros dans du matériel servant de supports pédagogiques. Aujourd’hui, il est annoncé que les lycées, qui n’ont que des filières technologiques pré-baccalauréat, devront se débarrasser de ce matériel qui nous permet pourtant, encore aujourd’hui, de donner un enseignement de qualité.
Recruter 35% d’élèves en plus dans la filière STI avec une qualité de formation moindre ne présente, pour nous, aucun intérêt. Si l’objectif est bien d’augmenter le nombre d’élèves dans nos filières, il faut commencer par améliorer leur image, image dont hélas, elles ont toujours souffert.

Les projets de programmes des enseignements technologiques et de physique-chimie augmentent l'inquiétude et l’incompréhension des personnels. Le risque d'une démotivation voire d’un grave malaise de ces derniers est à prendre en compte. Certains ne voient même pas comment ils pourraient s'insérer dans ce cadre et, compte tenu de la perspective de suppressions massives de postes, tous sont inquiets pour leur avenir immédiat.

Ne nous voilons pas la face. L’une des finalités de la réforme, non avouée celle-ci, est de supprimer des postes de profs de STI et de physique appliquée. En effet, cette réforme des lycées rentre dans le cadre de l’article 7 de la loi mobilité "...restructuration d’une administration de l’Etat… le fonctionnaire peut être placé en situation de réorientation professionnelle dès lors que son emploi est susceptible d’être supprimé". Ensuite, le décret relatif à la réorientation professionnelle des fonctionnaires de l’Etat prend le relai pour amener ses professeurs de STI et de Physique appliquée jusqu’au licenciement. Nous dénonçons le plan social qui se cache derrière cette reforme.

Le Ministère de l'Education Nationale demande aux professeurs des sections technologiques de devenir polyvalents : enseigner 1, 2 voire 3 disciplines, au niveau du tronc commun, en plus de celle pour laquelle ils ont été recrutés. Et si, de plus, ils pouvaient s’exprimer en Anglais ce serait l’idéal !!!

Cette logique de suppression de postes, à tout va, ne pourra se faire qu’au détriment du service public de l’éducation nationale. La formation de nos enfants n’est nullement prise en compte par cette réforme !

En effet, pour chaque discipline supplémentaire on nous accorde 60 h de formation ! Alors que le recrutement dans notre discipline d’origine a demandé un niveau licence (Bac + 3) au minimum.

Comment envisager que cette réforme puisse être appliquée en septembre 2011 alors :
- que les programmes ne sont pas encore connus ?
- que les modalités d’examens terminaux ne sont ni complètes ni confirmées ?
- que la soi-disant formation n’est qu’un simulacre, faute de financement et de préparation sérieuse ?
- que les formateurs des professeurs ne sont pas eux-mêmes, encore formés ?
- que le nouveau matériel et les logiciels ne sont pas encore commandés ?
- que nous profs, ne connaissons donc ni le matériel ni les logiciels ? Et, enfin,
- qu’il n’y aura pas de manuel scolaire pour asseoir ce nouveau programme ?

C'est pourquoi, fiers de nos compétences, de notre métier, des réussites scolaires et professionnelles incontestables des jeunes de la série STI, soucieux de préserver la qualité de notre enseignement et enfin soucieux de préserver l’outil de travail pour nos élèves, nous :

? refusons cette réforme dans son état présent et dans les conditions actuelles. Il y eut pourtant des réformes annoncées par le passé, pourquoi sont-elles restées dans les tiroirs, en particulier celle promise en 2007 ?

? refusons le démantèlement de notre parc technologique et demandons le soutien de toutes les Régions pour préserver ce qui a été mis en place dans les lycées technologiques afin d’éviter une gabegie.

? demandons que les Chambres de Commerce et d'Industrie donnent leurs avis sur les futurs programmes STI2D dispensés pour la formation des futurs techniciens destinés à travailler dans l’industrie.

? exigeons, dans la mesure où la réussite de nos élèves l'imposerait, et uniquement dans ce cas, une formation de haut niveau, pour TOUS les profs de STI [Titulaires sur Zone de Remplacement et titulaires en poste] et TOUS les profs de physique appliquée, dans les domaines qui ne font pas partie de nos disciplines d’origine.
Il ne suffit pas que la formation se limite à donner aux enseignants le "niveau bac" et encore, dans les domaines qui sont nouveaux pour eux. Il est nécessaire qu'ils maîtrisent les tenants et les aboutissants de tous les contenus conformément aux textes actuellement en vigueur. Nous refusons toute pseudo-formation par internet. Les outils web peuvent être utiles à la formation, ils ne peuvent en tenir lieu !

? exigeons, dans la mesure où c'est la réforme qui l'impose aux enseignants, une formation sur le temps de travail, conformément à la réglementation, et demandons aux rectorats de mettre en œuvre les moyens nécessaires.

Parce qu’il y va de la responsabilité collective pour faire réussir le maximum d’élèves (nos enfants) et donc d’aider ceux qui en ont le plus besoin, nous en appelons à la responsabilité de chacun des acteurs suivants : les fédérations des parents d’élèves, l’IGEN (Inspection Générale de l’Education Nationale) et les IA-IPR (Inspection Académique-Inspecteurs Pédagogiques Régionaux),Les élus, les régions, les chambres de commerce et d’industrie et les industriels afin de mener à bien une réforme utile pour nos élèves, utile pour notre pays.


* RERS 2010 : Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche (rapport).



Les signataires

La Pétition Réforme de la série STI et des lycées technologiques, sera adressée au le Ministre de l'Education Nationale. Elle est créée et écrite par la communauté Professeurs de l’enseignement technologique - Collectif du forum "Reforme STI".
Cette pétition se trouve hébergée sur Internet sur le site Pétition Publique qui met à disposition un service public gratuit pour les pétition en ligne.
Au cas où vous auriez une question pour l’auteur de la pétition, vous pourrez l’envoyer par l’intermédiaire de cette page de contact

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