Pétition Lyon laisse filer ses cocons
Pour:élus du Conseil Général du Rhône
Nous, citoyens, refusons de voir disparaitre les patrimoines du « Petit Fontanière » situé au 25, quai Jean-Jacques Rousseau, à la Mulatière, site menacé par une reconversion purement immobilière, au mépris de sa valeur patrimoniale.
Cette propriété publique appartient au Conseil Général du Rhône depuis 1965. Elle a accueilli pendant 30 ans des activités de recherches autour du vers à soie (Cemagref puis INRA) : c’est ainsi qu’elle contient une collection unique de variétés de mûriers, des bâtiments spécialisés et des savoir-faire liés à cet élevage.
Suite au départ de l'INRA en décembre 2009, le Conseil Général a mis en vente le site en juin 2010.
Or, il s'agit d'un site remarquable à plusieurs titres :
- Par la valeur culturelle de l’activité de sériciculture, fortement liée à l’histoire de la soie lyonnaise :
Le Petit Fontanière constitue l’unique site d’élevage de vers à soie à Lyon, susceptible de compléter l’offre touristique existante sur la filière soie, en plein renouveau actuellement. En 2000, une magnanerie (bâtiment de production de cocons de soie) a été construite grâce à 680 000 € de fonds publics : il s’agit d’un équipement hyper spécialisé et unique en France qui est menacé de destruction alors qu’il est en parfait état de fonctionnement.
Le site abritait également le siège de la CSI (Commission Séricicole Internationale), organisation intergouvernementale qui a due quitter les lieux en septembre 2010, suite à la vente.
- Par ses éléments patrimoniaux :
La collection exceptionnelle de mûriers cultivés en terrasse au dessus de la Saône, véritable conservatoire botanique ;
Le nymphée, grotte encore alimentée par sa source et ornée d’une sculpture monumentale allégorique de la Saône, du Rhône et de la ville de Lyon;
La bâtisse du XIXe siècle dominant la Saône.
- Par sa valeur paysagère :
Les terrasses cultivées en mûriers et les murs de soutènement participent à l’identité paysagère de la balme de Fontanière, très exposée visuellement depuis le Confluent et le futur parc de Saône. Cette propriété constitue un fond de scène végétal original pour ce nouveau quartier.
En tant que citoyens, nous refusons qu’une propriété publique possédant une telle valeur patrimoniale et un tel potentiel d’activité soit complètement privatisée et disparaisse du paysage lyonnais.
Nous demandons aux élus du Conseil Général du Rhône de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer une opération de reconversion intégrant une gestion sur le long terme de ce paysage culturel.
Les signataires
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