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Pétition Non au gel des missions de recherche françaises au Sahel

Pour:Laboratoires de recherche, Associations professionnelles, chercheurs, enseignants-chercheurs

Non au gel des travaux de recherche français au Sahel

Nous, enseignants-chercheurs et chercheurs, réagissons à la décision de nos universités et de certaines de nos institutions de recherche (CNRS, IRD, …) de geler toute mission scientifique dans trois pays du Sahel (Niger, Mali, Mauritanie), décision se fondant simplement sur le « classement » du Ministère français des Affaires Etrangères qui considère ces pays comme « à éviter ».

Si des précautions diplomatiques et « sécuritaires » se justifient au vu des attentats et prises d’otages perpétrés contre des Européens dans les zones sahariennes de ces pays, est-il pour autant acceptable de rompre toutes relations entre nos universités et celles de ces trois pays ? S’il est appréciable que nos institutions fassent le maximum pour « protéger » leurs chercheurs, faut-il du jour au lendemain annuler les programmes de recherche en cours avec nos collègues nigériens, maliens et mauritaniens ?

Cette décision ne peut qu’appeler un certain nombre de remarques de notre part.

Une première concerne les critères de classement du MAE, qui semblent faire l’amalgame entre des risques de natures et d’échelles fort diverses, entre des pays en guerre (Irak, Afghanistan, Libye, …) et des pays où la vie se déroule normalement. Par ailleurs, ce classement présente l’inconvénient de ne prendre en considération que les risques dits « terroristes ». Or, un chercheur a beaucoup moins à craindre pour sa vie à Nouakchott, Niamey ou Bamako, que dans d’autres villes africaines à forte criminalité comme Johannesburg, Nairobi ou Lagos, pourtant autorisées aux chercheurs français.

Notre seconde remarque est relative à la non prise en compte, par nos institutions de recherche, de la nuance importante faite par le MAE entre les régions sahariennes de ces trois pays, à juste titre « fortement déconseillées » (zones indiquées en rouge), et les zones sahéliennes qui présentent des risques extrêmement faibles (signalées en orange). Pourquoi nous interdire ces zones « oranges » au Niger, au Mali et en Mauritanie, alors qu’elles restent accessibles dans d’autres pays africains ?

La troisième de nos remarques porte sur un alignement par trop mécanique et hâtif de nos institutions sur les précautions du MAE, et ce alors que les personnels des ambassades, des lycées français, des entreprises privées et des institutions de développement peuvent – fort heureusement – continuer à travailler dans ces pays. Nous pensons qu’une évaluation au cas par cas des demandes de mission serait bien plus adaptée à ce type de situation, qu’une interdiction pure et simple.

Non seulement cette décision nous semble donc disproportionnée, mais elle a surtout pour effet déplorable de mettre brutalement un terme aux collaborations engagées et aux relations patiemment construites avec les chercheurs et enseignants-chercheurs de ces pays, dans le cadre de différents programmes scientifiques innovants sur des questions de santé, de lutte contre la pauvreté, de développement durable, de migrations, etc. Elle pénalise avant tout les institutions et les enseignants-chercheurs des pays du Sud, dont l’implication dans ces programmes peut constituer une ouverture importante vers le reste de la communauté scientifique internationale. Elle fait enfin le jeu des groupuscules extrémistes, contre lesquels les gouvernements de ces trois Etats ne cessent d’œuvrer depuis quelques années.

Si notre responsabilité de chercheurs est de prendre toute la mesure des risques potentiels sur nos terrains de recherche respectifs – terrains avec lesquels nous avons la chance d’entretenir une grande familiarité – et toutes les précautions qu’ils nécessitent, elle réside aussi et surtout dans le fait d’assurer un minimum de continuité dans les collaborations avec nos partenaires ouest-africains et de maintenir vivant le fil fragile qui nous relie.

Par conséquent, nous souhaitons que nos institutions de rattachement et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, reconsidèrent au plus vite leur position sur cette question et acceptent d’assurer la continuité de nos programmes et partenariats en autorisant de nouveau les missions de recherche à destination de ces trois pays, y compris à certaines conditions dont nous sommes bien évidemment prêts à discuter avec nos autorités de tutelle.


Les signataires

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