Pétition La sécurité alimentaire en Guadeloupe
Pour:Monsieur Jean-Marc AYRAULT, Premier Ministre de la France
L’état de pollution de nos sols aux produits phytosanitaires (pesticides, herbicides et autres) a été signalé depuis la fin des années 1970 par les rapports SNEGAROFF et KERMARREC.
L’état de pollution de nos eaux de boisson est connu depuis 1999/2000, suite aux deux études effectuées par la DDASS de Guadeloupe.
La relation entre l’exposition au chlordécone et le cancer de la prostate a été clairement établie depuis la publication du rapport Karuprostate par BLANCHET/MULTIGNER en juin 2010.
Publiée début octobre 2012, l’étude internationale Timoun coordonnée par DALAIRE/CORDIER/MULTIGNER a mis en évidence les effets du chlordécone sur des nourrissons guadeloupéens de 7 mois : réduction de la préférence pour la nouveauté, réduction de la vitesse de traitement des informations (augmentation du temps nécessaire au traitement des informations et diminution des facultés d’attention), baisse de la mémoire visuelle à court terme, diminution de la motricité fine...
Par ailleurs, la relation entre l’exposition au chlordécone et plusieurs autres pathologies fait l’objet de recherches qui sont en cours dans le cadre du Plan Chlordécone Guadeloupe – Martinique 2011-2013.
Dans ces conditions, ne serait-ce qu’au nom du principe de précaution, nous estimons qu’il est absolument anormal que les consommateurs guadeloupéens ne bénéficient d’aucune information publique sur la traçabilité alimentaire des produits phytosanitaires. A cet égard, force est de constater que le Règlement européen 178/2002 relatif à la sécurité des denrées alimentaires n’est pas respecté.
La solution qui consisterait à ne consommer que des produits importés – soi-disant plus sains que les nôtres – ne nous intéresse pas car nous refusons la voie de l’aliénation alimentaire.
Pour nous, pour nos enfants et pour les enfants de nos enfants :
- nous ne voulons pas renoncer à notre agriculture
- nous voulons conserver notre alimentation traditionnelle pourvu qu’elle soit saine.
C’est pourquoi nous exigeons qu’une politique de sécurité alimentaire digne de ce nom soit enfin organisée par les pouvoirs publics !
Premiers signataires de la pétition:
Roland BUREAU : agriculteur, Président du Groupement d’Intérêt Economique Sud Basse-Terre,
Wilfrid CAMBRONNE-SURPRIS : Docteur en médecine, Président du Collectif APEN (Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement),
Nice COTELLON-CAMBRONNE : écologiste, Présidente de SOS Basse-Terre Environnement, membre fondateur du Collectif APEN (Associations de Protection de la Nature et de l’Environnement),
Denis HATCHI : agriculteur, administrateur du Groupement d’Intérêt Economique Sud Basse-Terre,
Germain PARAN : Président de la Fédération des Associations de Défense de l’Eau des Usagers de la Guadeloupe et de ses Iles (FADEUGI),
Joëlle VERDOL : citoyenne, romancière, membre de GREEPEACE,
Philippe VERDOL : Maître de Conférences en Economie à l’Université Antilles Guyane, spécialiste de la question du chlordécone.
Les signataires
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